NIRVANA

BioGrAphie :
Créateur du mouvement grunge, Nirvana est une légende. A l'âge de treize ans, Kurt Cobain en découvrant le punk-rock et les Sex Pistols, a envie de former un groupe. Sa mère lui offre une guitare, il appelle Krist Novoselic et l'aventure nirvanesque se met en place. Nirvana accède à un minimum de reconnaissance sur Seattle et finit par signer par hasard sur le label Sub Pop. Kurt et Krist font appel à Honey Dan Peters, pour enregistrer leur premier album Bleach. Au début des années 90, rencontre avec Dave Grohl, batteur de Scream, ce qui va mettre en route l'alchimie Nirvana. Le groupe entre en studio pour enregistrer Nevermind, qui les fera connaître dans le monde entier. Kurt Cobain se marie avec Courtney Love en 1992: le couple le plus destroy de la planète. A la naissance de leur fille, Nirvana pond In Utero, troisième album encore plus brutal que les précédents. Le groupe entreprend une tournée européenne pendant laquelle Kurt tombe deux fois dans le coma suite à une surdose de médicaments associés à l'alcool. La tournée est interrompue, retour à Seattle. Kurt Cobain met fin à ses jours en se tirant une balle dans la tête, il devient par cette triste fin, l'icône d'une jeunesse larguée. Deux LP live sortiront à titre posthume en 1994 et 1996: Unplugged in New-York et From the Muddy Banks of The Wishkah. En 2003, un best of est édité avec, en bonus, l'inédit You Know You're Right.

Discographie :
- Bleach
- Nervermind
- Incesticide
- In Utero

La derniere lettre de Kurt Donald Cobain:
"Boddah,
Paroles de la bouche d'un simplet expérimenté qui, de toute évidence, est un pleurnichard émasculé et infantile. Cette lettre est assez simple à comprendre. Tous les signaux d'alertes lancés par les théoriciens du rock punk au fil des années, de ma première initiation à, disons, l'éthique qui accompagne l'indépendance et l'étreinte de votre communauté, se sont révélés justifiés.
Cela f
ait trop d'années que je n'éprouve plus d'excitation en écoutant et en créant de la musique, ni en lisant ou en écrivant des textes. Je me sens coupable, au-delà des mots. Par exemple, lorsque nous sommes en coulisses, quand les lumières s'éteignent et quand la clameur maniaque de la foule commence à gronder, ça ne me touche pas autant que ça touchait Freddy Mercury, qui aimait cela, se délectait dans l'amour et l'adoration des gens. C'est quelque chose que j'admire et que j'envie. Le fait est que je ne peux pas vous tromper plus longtemps. Je crois que le crime le plus bas, c'est tromper les gens, en leur faisant croire que je m'amuse vraiment. Parfois, j'ai l'impression qu'on me demande de pointer avant de monter sur scène. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour apprécier cela (et j'apprécie ça, Dieu le sait, mais pas assez). J'aime l'idée que nous avons touché et distrait tant de gens. Je dois être l'un de ces gars narcissiques qui n'aiment les choses qu'une fois disparues. Je suis trop sensible. Il faut que je sois légèrement tétanisé pour récupérer l'enthousiasme de mon enfance. Lors de nos trois dernières tournées, j'ai beaucoup mieux apprécié les gens que j'ai rencontrés et qui aiment notre musique, mais je n'arrive pas à surmonter la frustration, la culpabilité et la compassion que j'éprouve envers tout le monde. Il y a du bien dans chacun d'entre nous, et je crois que, tout bonnement, j'aime trop les gens, je les aime tellement que ça me rend foutrement triste. Ce poisson triste, insensible, ingrat, bon Dieu ! Pourquoi est-ce que tu es incapable d'en retirer du plaisir ? Je n'en sais rien ! J'ai une déesse pour épouse, qui transpire l'ambition et l'empathie, et une fille qui me rappelle ce que j'étais. Elle est pleine de joie et d'amour, elle embrasse tous ceux qu'elle rencontre, parce que le monde est bon et que nul ne doit lui faire du mal. Et ça me terrifie au point que je ne peux plus fonctionner correctement. Je ne supporte pas de penser que Frances deviendra un jour malheureuse, auto-destructrice, flirtant avec la mort, comme moi. J'ai une belle vie, et j'en suis reconnaissant, mais depuis l'âge de sept ans, je déteste le genre humain dans sa globalité. Seulement parce que ça semble tellement facile pour les gens de s'entendre entre eux et d'être compatissants. Seulement parce que j'aime les gens et que je me désole trop sur leur sort. Merci à tous, du plus profond de mon estomac brûlant et nauséeux, pour vos lettres et vos attentions. Je suis un gosse trop fantasque, trop capricieux ! Je n'ai plus la passion, et, souvenez-vous, mieux vaut brûler vivement que de s'éteindre à petits feux.
Paix,
Amour, Compassion,
Kurt
Cobain
F
rances et Courtney, je serai à votre autel.
S'il te
plaît Courtney, tiens le coup, pour Frances.
Pour
sa vie, qui sera bien meilleure sans moi.


Commentaire perso:
Je déteste Nirvana mais vue que c'est culte et que Morane adore et bien je mets quand même lol! Qu'est ce qu'on peut pas faire pour une fille ??? lol

# Posté le dimanche 14 mai 2006 15:18

Modifié le dimanche 10 septembre 2006 06:39

GREEN DAY

GREEN DAY
Biographie :
Le groupe punk pop Green Day se forme en 1989 à Berkeley aux Etats-Unis. Les deux amis d'enfance Billie Joe Armstrong et Mike Dirnt forment à l'âge de 14 ans leur premier groupe Sweet Children. Avec l'arrivée du batteur Al Sobrante, Sweet Children devient Green Day et signe le maxi 1,000 Hours. John Kiftmeyer remplace Al Sobrante et Green Day enregistre son premier album 39/Smooth. Après quelques modofications, la formation livre l'opus Kerplunk. Le succès arrive en 1994 avec l'album Dookie. Suivent les albums Insomniac, Nimrod, Warning, American Idiot et le live Bullet in a
B
ible.

AlbumS paRuS :
Smooth (1990)
K
erplunk (1992)
D
ookie (1994)
Insomniac (1995)
Nimrod (1997)
Warning (2000)
International Superhits (2001)
Shenanigans (2002)
A
merican Idiot (2004)
Bullet in a Bible (2005)

Sites et skyblogs conseillés :
http://www.greendayparadise.net
http://thegreengirls.skyblog.com

# Posté le dimanche 14 mai 2006 15:23

System of a Down

System of a Down
BioGraPhie :
Quatuor de néo-métal d'origine arménienne formé à Los Angeles en 1995. Emmené par Serj Tankian, System of a Down s'est imposé comme un must du métal actuel. Energique, engagé, rageur, explosif et inventif sont quelques qualificatifs qui collent plutôt bien au style du groupe. C'est avec son album Toxicity (2001) que SOAD a assis sa popularité auprès du grand public, enivré notamment grâce aux singles Aerials et Toxicity. Le groupe a signé le morceau Boom ! pour protester contre la guerre en Irak. Le clip vibrant a été réalisé par Michael Moore.

DiscOgrAphiE :
Hypnotize (2005)
Mezmerize (2005)
Steal This Album (2002)
T
oxicity (2001)
Sugar E.P. (1999)
System of a Down (1998)

SiteS ConSeiLlés sur System Of A Down :
http://garralon.free.fr/SOAD's%20page/
http://www.prisonsystem.net/

# Posté le dimanche 14 mai 2006 15:29

Superbus

Superbus
SUPERBUS
C'est en parcourant un dictionnaire de latin à la recherche d'un nom pour le groupe que Jenn découvre le mot Superbus: fier, insolent, mais aussi magnifique, brillant et superbe.

Comp
osé de la charismatique Jennifer Ayache au chant (auteur, compositeur et 20 ans au compteur !), de Michel Giovannetti et Patrice Focone aux guitares, de François Even à la basse et de Guillaume Roussé à la batterie, Superbus puise sa substantifique moelle au c½ur d'un vaste univers musical où se croisent des influences allant No Doubt à Sum41, en passant par Weezer, Blink 182 et Sublime.

En
2002, Superbus débarquait comme un ovni dans le paysage rock hexagonal avec son premier album « Aéromusical » écoulé à 80 000 exemplaires. La presse s'emparait très vite du « phénomène », consacrant au groupe les unes de Rock Sound, Phosphore, Buzz, 15.25ans et Rolling Stone et de multiples interviews dans la presse spécialisée et généraliste.

C'est ensuite sur le terrain de la scène que le groupe a conquis un public de plus en plus fidèle, s'imposant comme la révélation pop rock de l'année 2002. Après les 1ères parties de Weezer, Stéréophonics et Sum41, Superbus a sillonné les routes de France, de Belgique, de Suisse et du Quebec pendant près d'un an, enchaînant concerts et festivals (plus de 120 dates dont la Maroquinerie, la Cigale et le Bataclan a Paris).

Aujou
rd'hui le combo rock nous revient avec POP'N'GUM, un deuxième album aux contours surf 60's très prononcés. Cocktail étonnant et détonnant, à base de mélodies pop entêtantes, de guitares et de rythmiques rock, POP'N'GUM révèle 12 chansons imparables aux influences rock, ska, surf et reggae et un premier single gorgé de soleil : « Sunshine ». Réalisé une nouvelle fois par David Salsedo (Silmarils), POP'N'GUM est parut le 1er juin 2004.

# Posté le dimanche 14 mai 2006 15:56

Bérurier Noir

« Combien êtes-vous dans la salle ? Formez des groupes de rock... LIBRES ! ». Ces derniers mots lâchés par François à la fin de la dernière nuit noire bérurière, le 11 novembre 1989, résonne comme un passage de témoin entre deux générations. Deux époques, deux visions du monde également. Car le paysage musical français est bien différent dix années auparavant. Si la vague punk britannique a su faire quelques émules de ce côté-ci de la Manche (Starshooter et surtout Métal Urbain), la jeunesse hexagonale préfère encore s'enthousiasmer pour des formations plus consensuels (Téléphone), laissant aux seuls Trust le soin de cracher révolte et mépris sur ces années Giscardiennes. Le climat social est mauvais, le chômage augmente, en banlieue les cités-dortoirs se transforment en ghettos, et l'on commence déjà à pointer du doigt les délires urbanistes des années 60/70. C'est dans ce climat maussade que François et Olaf forment leur premier groupe en 1978 qu'ils baptisent du nom de Bérurier. Bérurier, le célèbre bras droit du commissaire San Antonio qui regroupe sous sa crasse tout les maux du beauf' moyen : con, raciste, borné, grande gueule, porté sur le sexe et la bouteille, en bref une caricature à échelle humaine de ce qu'une société civilisée peut engendrer de pire. Une foultitude de défauts contrebalancée par une faconde intarissable et un humour désopilant. Après quelques prestations chaotiques, le quatuor splitte sans surprise en 1980, donnant naissance au Bérurier deuxième génération : François au chant, Olaf et Pierrot aux guitares et une Electro-Harmonix D.R.M. 16 baptisée Dédé en guise d'organe rythmique. Le trio enchaîne à cette époque les concerts dans les squatts du XIXe et du XXe ainsi qu'en banlieue. Mais si le groupe commence à étoffer un répertoire encore bien léger, il n'est jamais bien loin d'un chaos fatal. Ainsi, Pierrot gravement accros à l'alcool est envoyé en cure de désintoxication, puis sous les drapeaux, avant d'être interné en hôpital psychiatrique. En matérialisant l'inhumanité d'un système où la force et l'aliénation physique et psychiques font loi, la descente aux enfers de Pierrot va dès lors stigmatiser nombre des futurs discours Béruréens. Pour pallier à cette défection forcée, les deux rescapés font appel au guitariste de Guernica, Loran, qui devient rapidement la seconde moitié des Bérus lorsqu'Olaf quitte à son tour le navire en 1982. Réduits à un simple duo, François et Loran décident de suicider Bérurier lors d'un ultime concert à l'Usine Pali-Kao.

Baptisé pour cette funeste circonstance Bérurier Noir, le groupe surprend son auditoire par un show spontané et original. Une prestation théâtrale au cours de laquelle François intronise les célèbres déguisements, masques et autres ustensiles qui deviendront la marque de fabrique du groupe. La performance, ce soir-là, subjugue un public qui, contre toute attente, en redemande. En ce 19 février 1983, Pali-Kao signe donc d'une main l'acte de décès de Bérurier tout en saluant de l'autre la naissance des Bérurier Noir. Le nom ne tarde guère à faire le tour d'un underground parisien qui se presse aux concerts toujours plus furax du binôme masqué. En mars, celui-ci entre au Studio Mesa pour y enregistrer un album dix titres mais juge au final la production bien trop propre. Loran et François décident néanmoins de garder quatre d'entre eux, « Nada 1/2/3 », « La mort au choix », « Bûcherons » et le déjà très culte « Amputé », en vue d'un split maxi-45 tour avec Guernica.

Glaciales et oppressantes, soutenues par l'
obsédante boîte à rythmes et déchirées par les riffs simplistes d'une guitare abrasive, les quatre pièces de « Nada » sont d'un minimalisme taillé au scalpel qui fait froid dans le dos. Une musique d'aliéné tout droit sorti d'un bloc opératoire dans lequel résonne de terrifiants échos : « ...Torture mentale physique psychose... »... Fort de cette première trace vinylique, le duo continue plus que jamais ses expériences live et ses prestations sauvages. Guitare, boîte à rythmes et amplis à piles, donnent en effet une grande liberté de mouvement au groupe qui se meut de squats en squats, allant même jusqu'à jouer à cache-cache avec la RATP dans le métro lors de la fête de la musique 1983. Une véritable « Unité Mobile de la Guérilla Urbaine » qui annonce déjà le « Petit Théâtre de Force » des futures années Bérurières. En décembre, la paire retourne brièvement en studio pour y enregistrer « Macadam Massacre », un premier album dans lequel l'influence de Métal Urbain se fait plus que présente. Pourtant, la singularité du son Bérurier apparaît d'ores et déjà comme évidente ; largement esquissé sur « Nada », leur style neurasthénique et hypnotique prend sa pleine dimension sur dix titres glauques à souhaits, comptines industrielles parfumées d'éther, de napalm et de béton. Las d'une humanité barbare et d'un monde où seule la force fait loi, le duo égrène ses peurs et ses haines (« J'ai peur », « Frères d'armes ! ») jusqu'à arriver au nihilisme le plus total de « Manifeste ». Pour les Béruriers version 1983, le monde est déjà une vraie porcherie et les lendemains ne chanteront sûrement pas, si ce n'est un requiem bien mérité...

Cette réalisation à taille réelle
va permettre à un public de plus en plus nombreux et curieux, d'apprivoiser l'alchimie conceptuelle du groupe et son style unique. Un singularisme qui les distingue d'entrée de la seconde génération punk, celle du « Punk's not dead » d'Exploited ou GBH, et qui lance, sans le savoir, les graines d'un « keupon à la française » qui s'auto-baptisera bientôt « alternatif ». Mais certaines formations ne goûteront pas de leur vivant à ce mouvement bouillonnant de créativité. Ainsi les frappadingues Lucrate Milk, premiers compagnons d'infortune des Bérus se sabordent en 1984. Un split duquel Fanfan et Loran sauront tirer avantage en intégrant le saxophoniste Masto ainsi qu' Helno, Marsu et Laul, amis de longue date qui se sont progressivement invités comme « choristes », ajoutant une touche bordélique et festive au performances, jusqu'ici plutôt cliniques, du duo. Mais devant le nombre croissant de squats murés par un gouvernement Mauroy qui redoute la prolifération de foyers d'extrême gauche, les Bérus décident d'approfondir leur concept d'Unité Mobile de la Guérilla Urbaine en posant leurs amplis là où bon leur semble. Ainsi le 29 mars 1984 investissent-ils la fac de Tolbiac pour un concert chamarré, signant là le manifeste du « Petit Théâtre de Force » : une comedia dell'arte pour guitare et masques à gaz, une gigantesque pantalonnade où seules comptent la spontanéité et l'énergie. Un rock libre et ouvert à ceux qui veulent bien le faire vivre. Le message passe. Ainsi, Bérurier Noir deviennent-ils les deux mots clés d'un bouche-à-oreille qui ne se cantonne plus seulement à Paris et sa banlieue mais qui touche la province et même l'étranger ! Bordeaux, Poitiers, Bruxelles ou Dublin, la traînée de poudre bérurière se propage à travers la France et au-delà, entraînant entre deux spectacles sauvages son lot de galères et d'impromptus. Mais ces différentes campagnes extra-parisiennes permettent aussi au groupe de jauger sa popularité grandissante auprès d'un nouveau public qui se reconnaît dans les messages et les attitudes véhiculés par la troupe.

Fidèles à leurs principes d'
unité et d'entraide, les Bérus se retrouvent également au centre d'une flopée de jeunes formations avec lesquelles ils n'hésitent pas à partager les nombreuses « scènes » qui leur sont proposées. Ainsi les Ludwig Von 88, Ausweis et autres Souris Déglinguée accoleront-ils souvent leur nom sur les affiches de concerts des BxN. Forts des nouvelles forces vives qui composent à présent la « nébuleuse Bérurier Noir » (deux jeunes Tourangelles, les Titis, font office depuis peu de danseuses-choristes), le groupe rentre en studio début 85 pour y enregistrer son second opus « Concerto Pour Détraqués ». Oublié les rythmes mid-tempos d'il y a peu et le « no future » en clair-obscur de « Macadam Massacre » ; l'ouverture du concerto se fait ici sur la cadence frénétique d'un « Petit agité » qui dégage la voie à une ribambelle d'hymnes à l'insoumission et à la liberté. « Vivre libre ou mourir », « Conte cruel de la jeunesse », « Le renard », « Hélène et le sang », « Porcherie »... les titres parlent pour eux-même, fustigeant tour à tour la paranoïa sécuritaire, les camisoles chimiques, le viol ou l'extrême droite. Un récital à trois accords dédié à une France détraquée dont une partie pleure déjà sur les illusions perdues de 1981... Mais tout n'est pas noir dans cet album. Renforcé par une armada de choristes (apparition des fameux refrains oï !) et par le sax de Paskal Kung-Fou, la troupe parvient à retranscrire l'aspect festif et chahuteur de leurs concerts, faisant de « Concerto... » une véritable piste aux étoiles où s'entrechoquent énergie grimaçante et rébellion clownesque ! À mi-chemin entre Barnum et « Orange Mécanique », les Bérus affinent une imagerie unique et séduisante, largement relayée par les dessins de Laul qui devient le « graphiste » officiel de la raïa masquée. Marsu, qui s'est petit à petit imposé comme le manager naturel du groupe, crée quant à lui son propre label : Bondage. Un accord tacite est signé entre le label et le groupe, qui sort donc « Concerto Pour Détraqués » courant 1985 dans la plus totale indépendance, continuant ainsi dans la voie qu'il s'est toujours imposé de suivre. L'année 1985 voit donc s'organiser quelque peu le grand « macadam circus » qu'est en train de devenir Bérurier Noir : la troupe garde un contrôle total sur son image, sa propagande, le prix des billets et va même jusqu'à créer son propre service d'ordre. Une organisation auto-gérée, parée pour affronter les sirènes du show-biz qui commencent à reluquer du côté de ces « petits agités ». Les Bérus multiplient par ailleurs les concerts de soutien, n'hésitant pas à traverser l'hexagone pour aller manifester leur bruyante solidarité avec les chômeurs ou le SCALP. En novembre, le petit cirque enregistre le EP « Joyeux Merdier ». Un bordel bariolé d'humour noir qui révèle deux nouveaux immenses chants de ralliement : l'incendiaire « Vive le feu » et l'hymne « Salut à toi » qui deviennent dès lors d'incontournables classiques. Mais il faut attendre fin 1986 et le 45 tours « L'Empereur Tomato-Ketchup » avant de retrouver trace du groupe sur disque. Une année pendant laquelle le « troupeau d'rock » sillonne France, Belgique et Suisse, avec en point d'orgue leur premiers « gros concerts » à la Mutualité, à l'Elysée-Montmartres et aux Transmusicales de Rennes. Trois évènements d'importance que la presse ne peut plus ignorer. Actuel, Best ou NRJ s'emparent du « phénomène », marchant ainsi sur les plates-bandes des fanzines, radios libres et autres organismes alternatifs dont certains n'hésitent déjà pas à crier à la récupération. Qu'importe, malgré le poids et l'influence des médias, la troupe garde la tête froide et reste solidement accrochée à ses idéaux d'indépendance.

Mais cet in
térêt soudain ne se fait pas sans douleur ni trouble au sein même du gang. Pression médiatique mais également galères de tournées et arnaques fragilisent l'osmose du groupe et attisent les sensibilités. Pour couper court à cette situation qui ne demande qu'à empirer, les Bérus décident de se retirer pendant quelques semaines et mettent ce break à profit pour enregistrer leur troisième album. « Abracadaboum » décrit bien dans son titre la teneur de ces dix nouvelles bombinettes concoctées par Loran et François. Toujours plus loufoque et cynique, le rock facétieux de la raïa continue de crier victoire et d'invoquer la rébellion, qu'elle soit d'ici (« Nuit Apache ») ou d'ailleurs (« Casse-Tête Chinois »). Aussi colorée qu'énervée, la troupe bérurière fait un boucan d'enfer, transformant chaque titre en gag contestataire, chaque refrain en hymne de rue, chaque cadence en pogo ! La fascination de François pour l'Extrême-Orient prend par ailleurs ici sa pleine dimension, ajoutant un peu de folklore à cet « Abracadaboum » unanimement acclamé à sa sortie en juin 1987. L'année 1988 débute sous les meilleurs auspices avec une date légendaire au Zénith de Paris qui ouvre la porte sur une multitude de concerts, dont une triomphale tournée au Québec. Côté studio, la bande trouve le temps d'enregistrer le maxi « Ils veulent nous tuer », le 45 tours « Viêtnam Laos Cambodge » (réalisé au profit de l'association Sampan qui soutient les réfugiés du Sud-Est asiatique) et le split 45 tours « Mackhnovtchina » avec Haine Brigade. Une année donc très prolifique mais qui s'achève sur le départ d'Helno, parti se consacrer aux Négresses Vertes et sur un premier clash avec Bondage. Les relations entre le groupe et son label ne cesseront dès lors de se détériorer, à l'image d'un mouvement alternatif qui vit ses dernières heures d'indépendance. La seconde génération emmenée par la Mano Negra ou Les Satellites ne tarde guère à succomber à l'appel des majors. Pour Loran et François, c'en est trop ! « Vivre Libre ou Mourir » n'était pas une phrase en l'air, les Bérus le prouvent en programmant leur séparation pour la fin 1989. Néanmoins, le groupe maintient l'enregistrement de son quatrième album, « Souvent Fauché Toujours Marteau ». Réalisé par Eric Débris de Métal Urbain et mixé par Franz Treichler des Young Gods, cet opus révèle une production surprenante de puissance et de limpidité qui dynamise les nouveaux morceaux de bravoure que sont « 2 clowns », « Camouflage » ou « Protesta ». Malgré quelques relents « Abracadaboumesques » (« Clockwork Béru »), le ton des compositions n'est plus au fun. Les derniers troubles rencontré par le groupe et ce split annoncé apparaissent en filigrane derrière des titres parfois très noirs (« Carnet de route », « Soleil noir »). Une nouvelle fois, le public acclame le disque à sa sortie en octobre 1989. Mais les Béruriers ont déjà la tête ailleurs, partis sur la route pour une tournée d'adieux de douze dates qui les emmène en Suisse et au Québec avant un seppuku historique à l'Olympia les 9, 10 et 11 novembre.

Ce suicide en forme de carnaval marque le dernier grand
fait d'armes de l'armada qui offre à son public trois soirée d'intense folie, enchaînant ses plus grands hymnes sous un déluge de slogans vengeurs (« La jeunesse emmerde le Front National ! »), de déguisements, de danse et d'happenings en tout genre. Un testament qui sortira en double vinyle un an plus tard sous le nom de code « Viva Bertaga » (une vidéo sera également commercialisée) et qui constitue encore à ce jour l'une des pièces les plus incontournables du rock français. Dégagé de ses obligations bérurière, François s'en va former Molodoï tandis que Loran replonge dans l'underground avec, entre autre Tromatism, laissant le fantôme de Bérurier Noir s'installer durablement dans la mémoire collective de nouvelles générations pour qui Bérurier rime désormais avec Liberté. Silencieux tout au long des années 90, le duo profite de la sortie d'un double DVD, « Même Pas Mort », pour refaire parler de lui en 2003 en se reformant brièvement le temps d'un concert cataclysmique aux Transmusicales de Rennes. À ce jour, personne ne sait encore quel sera l'avenir du groupe...

# Posté le lundi 15 mai 2006 13:19

Modifié le jeudi 31 août 2006 05:32